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Douleur au tendon d’Achille : faut-il arrêter de courir ?
Le tendon derrière la cheville est raide au réveil, il tire en début de sortie puis se fait oublier… avant de revenir le lendemain. Ce tableau est fréquent chez les coureurs. Bonne nouvelle : dans beaucoup de cas, il n’est pas nécessaire d’arrêter totalement de courir. L’enjeu est d’adapter la charge et de renforcer le tendon.
En bref Une douleur au tendon d’Achille n’impose pas toujours d’arrêter de courir. Dans un essai portant sur 38 patients, continuer en surveillant la douleur (jusqu’à 5 sur 10, calmée le lendemain matin) a donné des résultats comparables à l’arrêt, un an plus tard. Le renforcement progressif du mollet est au cœur du traitement.
Ce qui se passe dans le tendon
Le tendon d’Achille relie les muscles du mollet au talon. À chaque foulée, il est fortement sollicité.
Quand la charge augmente plus vite que le tendon ne s’adapte (plus de kilomètres, plus de vitesse, plus de côtes, nouvelles chaussures), il peut devenir douloureux : on parle de tendinopathie. Elle se manifeste typiquement par une douleur et une raideur du tendon, souvent le matin ou au début de l’effort.
Arrêter complètement ? Pas forcément
Dans un petit essai randomisé suédois (38 patients), des personnes ayant une tendinopathie d’Achille ont soit continué à courir et sauter en surveillant leur douleur, soit arrêté ces activités pendant 6 semaines. Les deux groupes suivaient le même programme d’exercices. Un an plus tard, les deux groupes s’étaient améliorés, sans différence significative entre eux.
Les recommandations de pratique clinique pour les kinésithérapeutes (2024) placent les exercices de renforcement progressif du mollet et du tendon au cœur du traitement. Elles y associent des explications sur la tendinopathie et précisent que le repos complet n’est pas indiqué : on garde ses activités, dans les limites de la douleur.
Surveiller sa douleur : un repère simple
Le modèle de surveillance de la douleur utilisé dans cet essai donne des repères pratiques. Ils concernent une tendinopathie confirmée par un professionnel de santé ; en cas de doute sur l’origine de la douleur, faites-la examiner :
- pendant la course ou les exercices, une douleur jusqu’à 5 sur 10 est acceptable ;
- après l’effort, elle peut aussi atteindre 5 sur 10, mais doit s’être calmée le lendemain matin ;
- la douleur et la raideur du tendon ne doivent pas augmenter d’une semaine à l’autre.
Si ces repères sont dépassés, réduisez la charge (distance, vitesse, côtes) sans forcément tout arrêter.
Ce qui aide au quotidien
- Réduisez temporairement ce qui irrite le plus le tendon : les fractionnés rapides, les côtes, les sorties longues.
- Évitez de changer brutalement de chaussures pendant cette période. Une talonnette peut parfois soulager temporairement : demandez conseil à votre kiné.
- Renforcez le mollet de façon progressive, par exemple avec des montées sur la pointe des pieds, sur les conseils d’un professionnel.
- Reprenez l’intensité par étapes, en vous fiant à la réponse du tendon le lendemain.
- Soyez patient : un tendon s’adapte lentement, souvent sur plusieurs semaines à plusieurs mois.
Le rôle du kinésithérapeute
Le kinésithérapeute examine le tendon, fait le point sur votre entraînement et ce qui déclenche la douleur. Il vous propose un programme de renforcement adapté et un plan pour continuer ou reprendre la course progressivement.
Pour un médicament contre la douleur, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
Quand appeler le 15
Appelez le 15 si vous ressentez un essoufflement brutal, une douleur dans la poitrine ou un malaise, surtout si un mollet est gonflé et douloureux : ce peut être le signe d’une embolie pulmonaire.
Quand consulter un médecin rapidement
- Sans attendre : après un claquement brutal ou la sensation d’un coup derrière la cheville, avec une marche difficile. Cela peut évoquer une rupture du tendon.
- Rapidement : un mollet gonflé, chaud ou douloureux d’un seul côté, surtout après un long voyage, une immobilisation (plâtre, alitement) ou une opération. Cela peut évoquer une phlébite.
- Rapidement : une douleur qui persiste au repos ou la nuit, un tendon très gonflé, ou une douleur qui s’aggrave malgré la réduction de la charge.
Pour aller plus loin
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Nos kinésithérapeutes vous reçoivent à Paris 10e, 11e et 14e, en séances de 30 minutes. Prenez rendez-vous en ligne.
Sources
- Chimenti RL, Neville C, Houck J et al. Achilles pain, stiffness, and muscle power deficits: midportion Achilles tendinopathy revision – 2024. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 2024;54(12):CPG1-CPG32. doi.org
- Silbernagel KG, Thomeé R, Eriksson BI, Karlsson J. Continued sports activity, using a pain-monitoring model, during rehabilitation in patients with Achilles tendinopathy: a randomized controlled study. American Journal of Sports Medicine, 2007;35(6):897-906. doi.org
- MSD Manuals (édition grand public). Ruptures du tendon d’Achille. www.msdmanuals.com
- Assurance Maladie (ameli.fr). Phlébite et paraphlébite : symptômes et diagnostic. www.ameli.fr
- Assurance Maladie (ameli.fr). Phlébite : définition et facteurs favorisants. www.ameli.fr
- Assurance Maladie (ameli.fr). Embolie pulmonaire : réagir en cas d’urgence. www.ameli.fr
Article d’information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin.