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Mal de dos : faut-il se reposer ou bouger ?

Après un faux mouvement ou au réveil, le bas du dos se bloque et chaque geste fait mal. Le réflexe est de s’allonger en attendant que ça passe. Les recommandations actuelles conseillent plutôt l’inverse : dans la grande majorité des cas, rester actif aide le dos à récupérer.

Publié le · L’équipe de kinésithérapeutes de L’Adresse Santé · Relu par Thibaut Hoffner, masseur-kinésithérapeute, co-auteur de Running Renfo

Femme marchant dans une rue
Illustration · Photo David Beale sur Unsplash

En bref En cas de lombalgie commune, rester actif aide un peu mieux à récupérer que le repos au lit. La Haute Autorité de santé recommande de poursuivre ses activités habituelles autant que possible, en les adaptant à la douleur. Quelques signes rares imposent en revanche d’appeler le 15.

Un dos douloureux n’est pas un dos abîmé

La lombalgie commune est la forme la plus fréquente de mal de dos. Elle n’est pas liée à une maladie grave, et l’intensité de la douleur ne reflète pas forcément l’état de la colonne : un dos peut faire très mal sans être endommagé.

Dans la plupart des cas, la douleur diminue nettement en quelques jours à quelques semaines. Sans signe d’alerte, une radio ou une IRM n’est généralement pas utile au début : elle montre souvent des modifications banales, présentes aussi chez des personnes qui n’ont pas mal.

Pourquoi le repos au lit n’aide pas

Les études qui ont comparé les deux conseils montrent que les personnes qui restent actives récupèrent un peu mieux que celles qui restent au lit. En cas de sciatique, l’écart est faible, mais le repos au lit ne fait pas mieux. Un repos prolongé peut favoriser la raideur, la perte de forme et la crainte de bouger, qui entretiennent la douleur.

La Haute Autorité de santé recommande donc de poursuivre autant que possible ses activités habituelles, y compris le travail lorsque c’est possible, en les adaptant à la douleur.

Ce qui aide au quotidien

  • Bouger un peu, souvent : marcher plusieurs fois par jour, même sur de courtes distances.
  • Changer régulièrement de position plutôt que de rester longtemps assis ou couché.
  • Reprendre progressivement les gestes habituels, en acceptant une gêne modérée.
  • Utiliser la chaleur si elle soulage.
  • Si la douleur vous empêche de bouger, demander conseil à votre médecin ou à votre pharmacien : un médicament contre la douleur peut aider à rester actif, mais ne guérit pas plus vite.

Le rôle du kinésithérapeute

Si la douleur dure plus de quelques semaines, revient souvent ou vous empêche de reprendre vos activités, un kinésithérapeute peut vous accompagner. Il commence par un bilan : votre histoire, l’examen, ce qui déclenche ou calme la douleur, et vos objectifs. Il vous explique ce qui se passe et vous aide à reprendre confiance dans le mouvement.

La prise en charge repose surtout sur l’exercice actif, adapté à votre situation, et sur des conseils pour reprendre vos activités. Des techniques manuelles (mobilisations, massages) peuvent être associées pour soulager, mais toujours avec des exercices : seules, elles ne changent pas l’évolution du mal de dos.

Quand appeler le 15

Appelez le 15 ou allez aux urgences immédiatement si le mal de dos s’accompagne de :

  • difficulté ou impossibilité à uriner, ou fuites urinaires ou de selles inhabituelles ;
  • perte de sensibilité au niveau des parties génitales, de l’anus ou de l’intérieur des cuisses ;
  • faiblesse brutale ou importante d’une jambe ou des deux.

Quand consulter un médecin rapidement

Consultez un médecin dans les jours qui suivent si :

  • fièvre, grande fatigue inhabituelle ou perte de poids inexpliquée ;
  • antécédent de cancer ;
  • prise prolongée de corticoïdes, traitement qui affaiblit l’immunité, ou usage de drogues par injection ;
  • chute de hauteur ou choc violent ;
  • premier épisode de mal de dos avant 20 ans ou après 55 ans ;
  • douleur dans le haut du dos (entre les omoplates) ou dans la poitrine ;
  • déformation importante et récente du dos ;
  • engourdissement ou perte de force qui s’étend dans une jambe ;
  • douleur qui s’aggrave progressivement, ne cède pas au repos et réveille la nuit.

Un seul de ces signes n’est pas forcément grave, mais il justifie un avis médical.

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Sources

  1. Haute Autorité de santé. Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune. Recommandation de bonne pratique, mars 2019. www.has-sante.fr
  2. Dahm KT, Brurberg KG, Jamtvedt G, Hagen KB. Advice to rest in bed versus advice to stay active for acute low-back pain and sciatica. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2010, CD007612. doi.org
  3. National Institute for Health and Care Excellence. Low back pain and sciatica in over 16s: assessment and management (NG59), 2016, mise à jour 2020. www.nice.org.uk
  4. Foster NE et al. Prevention and treatment of low back pain: evidence, challenges, and promising directions. The Lancet, 2018. doi.org
  5. Qaseem A et al. Noninvasive treatments for acute, subacute, and chronic low back pain: a clinical practice guideline from the American College of Physicians. Annals of Internal Medicine, 2017. doi.org

Article d’information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin.